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L'HISTOIRE LES ORIGINES DE LA CAPOEIRA |  " Pastinha foi pra Africa para mostrar capoeira do Brasil ". (Mestre Pastinha)
L'histoire de la capoeira est liée à celle de l'esclavage. En 1500, le Brésil est découvert par Pedro Alvares Cabral. Très peu de temps après les premiers esclaves sont " importés " d'Afrique, les Indiens supportant mal la captivité ; ils s'enfuyaient, mourraient d'épuisement ou contractaient les maladies apportés par les colons. Les esclaves travaillent dans les plantations ou les mines et vivent concentrés dans la senzala, en opposition avec la casa grande qui est la maison du maître. Les origines de la capoeira restent mystérieuses. Son histoire est liée à l'histoire de la colonisation et de l'esclavage, or les archives concernant cette période, considérée comme honte national, ont toutes été brûlées à la fin du XIXème siècle.
La thèse acceptée par le plus grand nombre, est que la capoeira s'est construite sur le sol brésilien, dans les grands ports comme Salvador, Recife ou Rio de Janeiro, avec les esclaves africains provenant de différentes cultures, et qu'elle est née d'une synthèse de plusieurs danses, rituels et combats africains. " Le commencement est brésilien, le principe est africain".
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|  LA CAPOEIRA DES ORIGINES | Pour certains, la capoeira est née dans les quilombos, communautés administrées par des esclaves fugitifs, dont le plus célèbre est le Quilombo dos Palmares, fondé en 1631 entre Recife et Maceio. Le second roi, Zumbi, né vers 1655, est le symbole de la résistance des quilombolas contre les blancs; il meurt trahit et assassiné vers 1695. C'est aussi un personnage emblématique de la capoeira. D'autres comme Mestre Accordeon signale " qu'historiquement c'est un phénomène urbain, et qu'aucuns documents n'attestent son utilisation dans les quilombos, ni dans aucun autre endroit en-dehors de la ville et de ses environs ".
Quoiqu'il en soit elle est pratiquée par les esclaves comme un combat, une arme tant physique que culturelle
Il est très difficile de se faire une image de la forme que revêtait la capoeira primitive. Les premières descriptions date des années 1830. Rugendas, dans son voyage picturesque et historique au Brésil, décrit un jeu guerrier et sanglant qu'il nomme la capoeira, et nous laisse une gravure qu'il intitule "capüera, danse de la guerre". Dans sa description, point de rasteiras, point de jeu au sol, et plus grave point de berimbau, instrument indispensable à toute roda de capoeira. On joue au son de l'atabaque des battements de mains et des chants. Pourtant on sait par d'autres voyageurs que le berimbau était déjà présent au Brésil.
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|  LA CLANDESTINITE | A ses débuts la capoeira est acceptée par les maîtres portugais, qui n'y voient d'ailleurs qu'une innocente " brincadeira de Angola " ; les manifestations culturelles africaines été tolérées dans un souci de "diviser pour mieux régner".
La prohibition commence vers 1814, avec des décrets qui interdisent, d'une façon générale, toute manifestation " nègre ", candomblé, carnaval et capoeira sont condamnés par les autorités. A cette époque, la capoeira est pratiquée sous une forme violente à Rio et à Recife, et comme une danse rituelle et de combat à Salvador.
Malgré la répression qu'ils subissent, les capoeiristes sont souvent dans une position paradoxale, et rentrent dans les jeux de pouvoirs. A Rio, les capoeiristes se constituent en bandes (maltas), qui sèment le désordre dans les rues. Ces maltas participent aux querelles politiques entre monarchistes et républicains, exercent des pressions, et sont utilisés comme éléments d'intimidation. Tout un jeu d'alliances et de mésalliances avec le pouvoir se met en place. Deux grands groupes se distinguent, les guaiamus et les nâgos.
L'esclavage est aboli en 1888 et le Brésil passe de la monarchie à la république en 1890. Là encore, les capoeiras, comme on les appelait à l'époque, jouent un rôle et prennent partie; la Guarda Negra se crée à l'initiative de José de Patrocinio. Elle a pour fonction de défendre la monarchie, contre la République, et en particulier la princesse Isabel, signataire de la charte d'abolition de l'esclavage.
N'allez pas croire que l'abolition de l'esclavage améliore le sort de la capoeira. Au contraire la répression contre les capoeiristes se durcit. Le code Pénal de 1890 proclame officiellement la capoeira hors la loi. Les bandes de Rio sont démantelées, et la capoeira sera peu à peu éradiquée de Recife et de Rio.
A Recife, les premiers groupes de carnaval défilent en 1909. Les blocs rivaux sont escortés par des bandes de capoeiristes souvent armés de bâtons et de machettes. Le carnaval dégénère souvent, et les autorités y mettent bon ordre. Les dernières bandes s'éteignent en 1912. Elles subsistent encore à Salvador où le phénomène des bandes n'existait pas. Pourtant elle continue à subir la répression, notamment lorsqu'en 1920, le chef de la police Pedrito de Azevedo Gordilho, tente de mettre un terme non seulement aux rodas, mais également au samba et au candomblé. A cette époque, les armes sont abondamment utilisées dans les rodas. L'arme favorite est le bon vieux coupe-chou (boca de siri). Le faca de tucum (couteau de tucum) et la canne sont aussi largement employés. Le tucum est une espèce de palmier dont le bois a la résistance du fer et, est doté de pouvoirs magiques qui permet de vaincre le corpo fechado, magie qui permet de ne jamais être touché par les coups ni pénétrés par les lames. La légende de la capoeira regorge de personnages célèbres comme Besouro do Manganga, à Salvador, qui possédait le corpo fechado ; pour le tuer on a confectionné rituellement un faca de tucum ou encore Manduca da Praia, à Rio.
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|  LA CAPOEIRA SPORT NATIONAL BRESILIEN | La capoeira est légalisée en 1927. Cette légalisation va de pair avec celle des cultes afro-brésiliens. C'est aussi l'époque des premières écoles de samba à Rio.
Dans les années trente, le célèbre Mestre Bimba la fait entrer dans les académies; il reçoit l'autorisation d'enseigner en 1935, et enregistre officiellement son école, en 1937 au "secrétariat d'éducation de santé et d'assistance publique". Mestre Bimba est connu comme le fondateur de la lutte régionale bahianaise, la capoeira Regional. (lien avec Angola et Regional)
Un peu plus tard, c'est le non moins célèbre Pastinha qui se pose en défenseur de la traditionnelle capoeira Angola qui commencera à développer son art. (lien avec Angola et Regional)
Avec Bimba, c'est une nouvelle page de l'histoire de la capoeira qui s'écrit. Mais comment la capoeira, lutte d'esclaves, a-t-elle franchi les frontières? Elle reste très marginale et limitée géographiquement à l'état de Bahia. Pour conquérir le monde elle doit d'abord conquérir les Brésiliens et le Brésil, acquérir une reconnaissance, et se répandre dans tout le pays. En 1964., à Salvador, Mestre Acordeon, élève du vénérable Mestre Bimba, crée le Grupo Folclorico da Bahia (groupe folklorique de Bahia), La capoeira rentre dans le monde du spectacle, du "show". C'est aussi le temps des recherches pour Acordeon et ses compagnons, dans les bibliothèques, et auprès des vieux maîtres.
Mestre Pastinha, défenseur de la traditionnelle Angola, décrit la situation à Salvador. L'Angola a acquis le prestige et la compréhension des autorités et du peuple. (lien avec Angola et Regional) Ainsi le capoeiriste n'est plus considéré comme un malandro (canaille, mauvais garçon) qui sème le désordre mais comme un sportif et un artiste. A Rio, dans les années soixante, quelques adolescents issus des classes moyennes, en majorité des blancs, s'entraînent sans professeur spécifique. Ces jeunes s'appellent Gil "Velho", Rafael, Gato, Peixinho, Nestor, Garrincha, Sorriso, futures cordes rouges (maîtres), du groupe Senzala. C'est encore un groupe sans structure véritable. En 1966, le Grupo Folclorico da Bahia fait une tournée à Rio. Le succès du spectacle, "Vem, Camarra", contribuera beaucoup à l'expansion de la capoeira hors des limites de Bahia. et jusqu'en Europe Camisa Roxa le plus technique de tous le élèves de Bimba, passe un peu de son savoir aux jeunes cariocas, Preguiça, également élève de Bimba reste. Le groupe de Rafael se structure, et ne cesse de grandir, pour devenir le groupe Senzala, qui jouera un rôle très important dans l'expansion de la capoeira en France.
Mais la reconnaissance tardive de la capoeira a ses dérives ; compétitions, shows, mercantilisme à outrance. Face à cette situation les vieux maîtres tels que Valdemar, Caiçara, João Grande, Joâo Pequeno,, Leopoldina, Suassuna, se retirent et cessent peu à peu de jouer et d'enseigner. La capoeira a grandi, elle s'est développée, elle est reconnue par la société brésilienne, mais certains soutiennent qu'elle a irrémédiablement perdu une partie de son âme en chemin. Autours de 1985, le retour de la capoeira Angola, exprime un désir de retour aux racines, de défense de la culture noire, illustré aussi par la vague rastafarienne qui envahit la musique et la capoeira bahianaise. Les vieux maîtres comme João Grande ou João Pequeno sont toujours là, et se remettent à jouer. Ils sont maintenant reconnus et respectés par tous; João Grande a son académie à New-York, Salvador reste la gardienne de la tradition avec des maîtres comme João Pequeno, Curió, Cobra Mansa ou Moraes. Dans le même temps, les grands groupes se structurent et se répandent dans tout le Brésil et hors des frontières. Le groupe Capoeira Brasil est fondé à cette époque, en 1989 par les maîtres Paulinho Sabiá, Paulão et Boneco. (lien avec présentation du groupe) En Europe les premiers à semer la graine sont les membres du groupe Senzala comme Mestre Nestor Capoeira qui fait résonner le berimbau dans les rues de Paris dés 1979.
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