LA MUSIQUE

LA BATERIA

La bateria (l'ensemble des instruments) fait partie intégrante de la roda et forme physiquement une partie de la roda. L'importance de la musique et des chants est une des particularités qui fait l'originalité de la capoeira.
La musique (berimbau, pandeiro, atabaque) ponctue l'action soutenue par le chant du soliste ; la roda participe avec la frappe des mains et le chœur. La formation du capoeiriste passe par l'apprentissage du rythme, des différents instruments et des chants. Un capoeiriste confirmé doit être totalement polyvalent dans la roda.











LE BERIMBAU

"Le maître primitif de la capoeira, c'est le berimbau"
C'est le berimbau qui dirige la roda, qui détermine le jeu, en fonction des différentes toques (rythmes), qui débute la roda et le jeu ou l'interrompt

Le berimbau  indissociable du jeu de capoeira et de la roda ?
On ne sait pas à quelle époque le berimbau devient l'instrument roi de la capoeira sans lequel on n'imagine même pas de faire une roda aujourd'hui ; sans doute au début du XX ème siècle
Ses origines aussi sont mystérieuses.

L'arc musical était depuis toujours connu en Afrique, mais plus joué avec la bouche (berimbau de boca). D'autres pays connaissent l'arc musical sous la même forme que le berimbau, notamment à Cuba où il se nomme burumbumba ; il est joué dans les cérémonies de culte afro-brésilien (santeria) et signifie à peu prés parler avec les morts.

L'instrument est composé d'un morceau de bois (verga), entre les deux extrémités duquel on fixe une corde métallique  (arame), généralement extraite d'un pneu. La calebasse fixée au moyen d'une petite corde sur l'une des extrémités doit être la plus sèche possible. Il faut ajouter une pierre ou un dobrão (piéce métallique), une baguette de bois (vaqueta) et un caxixi. Le caxixi est une sorte de petite cloche tressée, avec une base en calebasse, remplie de graines sèches (lágrimas de Nossa Senhira ou Pau Brasil) ; d'origine inconnue il est utilisé dans les cérémonies de candomblé.

LE PANDEIRO

Son origine est controversée, cependant on peut dire qu'il est d'origine arabe, et est parvenu au Brésil par les Portugais. Selon Mestre Bimba il devait être en bois et cuir de bouc. Maintenant on en trouve en fibre et plastique, ou fibre et cuir, ou bois et cuir.

L'ATABAQUE

Comme pour  le berimbau il existe trois sortes d'atabaque, trois tailles, trois sons différents et trois fonctions. Le Rum, au son grave, le Rupi, medium, et le Lé au son le plus aigu. L'atabaque est très largement utilisé dans les cérémonies afro-brésiliennes de candomblé. Il fait aussi partie de la bateria de capoeira mais l'utilisation de l'atabaque, est d'après Mestre Acordeon, relativement récente. Elle est intervenue dans les années soixante-dix, au moment où la capoeira monte sur la scène.
L'atabaque  est utilisé aussi pour accompagner le maculêlê.

LES TOQUES


Les différents rythmes de berimbau sont appelés les toques. Chaque toque détermine le jeu.
Les toques traditionnellement utilisées dans la capoeira Angola sont, Angola, São Bento Pequeno, et São Bento Grande. Le Gunga joue le rythme d'Angola, le Medio São Bento Pequeno et le Viola fait les variations.
La toque de Jogo de Dentro comme son nom l'indique indique un jeu très imbriqué dans un espace de roda très réduit.
Cavalaria indiquait l'arrivée d'un étranger dans la roda. Du temps de la prohibition de la capoeira elle servait à annoncer l'arrivée de la police montée, son rythme imitant le celui d'un cavalier au trot.
Citons aussi les toques d'Amazonas, Santa Maria, Iejexá, Idalina… Les dénominations d'une même toque peuvent aussi varier d'une académie ou d'une région à l'autre ; Angola Dobrado, São Bento Grande de Santo Amarro, Sao Bento Grande Gêge…

Mestre Bimba a créé de nouvelles toques spécifiques de la Regionale ; São Bento Grande da Regional, qui détermine un jeu de Régionale objectif, Banguela qui sert pour un jeu plus au sol, plus fluide. La toque d'Iuna qui ne comporte ni chants, ni frappe des mains, n'est joué que dans les occasions spéciales, et est réservée aux élèves gradés qui devaient exécuter du temps de Mestre Bimba, les balões (acrobaties codifiés exécutés à deux).

Loin d'être figée la capoeira s'enrichit de nouveaux rythmes comme Muidinho, créé par Mestre Suassuna, qui détermine un jeu très rapide, très particulier, à mi-chemin entre l'Angola et la Regionale.

LES CHANTS

Les chants donnent l'énergie nécessaire à la roda. Ils font allusion au passé de la capoeira, aux grands maîtres. Toute l'histoire et le folklore de la capoeira sont présents dans les chants.
Ils commentent et accompagnent la roda. Chaque jour il se  crée de nouveaux chants mais les chants traditionnels persistent dans les rodas. Leur exécution laisse une grande place à l'improvisation.

Les ladainhas sont des chants spécifiques de la capoeira Angola. Généralement chantées au début de la roda elles peuvent évoquer les capoeiristes du passé, ou raconter une histoire. Seuls le(s) berimbau(s) accompagnent la ladainha, les autres instruments n'entrent que quand les choeurs commencent; "Iê viva meu deus". Il n'y a pas de jeu pendant la ladainha; le début du jeu est signalé par la phrase "Iê, vamos embora camarada". C'est toujours un moment de receuillement et d'émotion.

Les quadras ouvrent la roda de capoeira Regional. Elles jouent en quelque sorte le rôle des ladainhas dans la capoeira Angola. Les corridos sont des chants courts où s'établit un jeu de question réponse avec le choeur. Les chulas sont des chants plus longs essentiellement chantés sur les toques de Regional.


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